En 2026, on a enfin un texte qui met des mots (et surtout des limites) sur un phénomène qu’on voit partout : des jeux vidéo où tu mets de l’argent, tu ouvres/obtiens des objets via du hasard, et derrière… tu peux les revendre ou les “monétiser”. Le décret du 4 février 2026 vient encadrer ça via une expérimentation de trois ans : les jeux à objets numériques monétisables (JONUM).
Et là où c’est intéressant (et franchement, assez explosif), c’est que le texte dit en gros : oui à une forme de loot/cash-out encadrée, non à tout ce qui ressemble à des mécaniques de casino. Autrement dit : tu peux flirter avec le hasard… mais tu ne peux pas recréer une machine à sous déguisée en jeu vidéo.
Ce que le décret du 4 février 2026 met en place, concrètement
Déjà, on parle bien d’un régime expérimental : la loi (SREN) a ouvert la porte, et le décret vient poser les règles du jeu (catégories autorisées, récompenses, obligations, rôle de l’ANJ).
Le cadre vise des jeux accessibles depuis la France qui cumulent notamment : sacrifice financier, mécanisme de hasard, et obtention d’objets numériques monétisables (ça peut inclure des NFT ou des jetons de jeu).
Et surtout, le décret ne dit pas “faites ce que vous voulez”. Il canalise le concept dans des catégories de jeux assez “jeu vidéo” (progression, interactions, etc.) : action/combat, élevage, fantasy sport/hippique, aventure/quête, gestion/construction, courses.
Au passage, tu sens la logique : on encadre des jeux qui ressemblent à du gaming (avec progression), pas des expériences qui tournent autour d’un bouton “spin” et d’un jackpot.
Loot, cash-out, hasard : ce que 2026 autorise et ce que 2026 bloque
Voilà la partie que tout le monde veut : “ok, j’ai le droit à quoi ? et je risque quoi si je dépasse ?”.
Le texte autorise des récompenses “accessoires” en nature et, sous conditions, certains crypto-actifs (avec exclusions : pas de jetons adossés à des actifs, pas de jetons de monnaie électronique, pas de jetons utilitaires au sens du règlement européen cité).
Et il met des plafonds très nets : 1 000 € max par an, par joueur et par jeu pour les récompenses en nature ; et pour les récompenses en crypto-actifs, un plafond global lié au chiffre d’affaires du jeu (20% max), avec une limite annuelle 25 000 € par joueur et par jeu.
Mais la vraie ligne rouge, elle est là : un JONUM ne peut pas reposer sur des mécaniques de jeux de casino (et pas non plus sur des mécaniques de paris hippiques, sauf exception “fantasy hippique” prévue).
Pour que ce soit lisible en 20 secondes :
| Sujet | Autorisé dans le cadre JONUM 2026 | Bloqué / à éviter (effet casino) |
|---|---|---|
| Structure du jeu | Jeu avec interactions + progression (catégories listées) | Jeu centré sur une mécanique type casino |
| Hasard | Présent (c’est même un critère du cadre) | Hasard “pur casino” (mêmes logiques que les jeux de casino visés par le texte) |
| Récompenses | Nature + certains crypto-actifs (avec exclusions) | Récompenses qui contournent les plafonds / la nature autorisée |
| Plafonds | 1 000 €/an (nature) ; crypto encadrée (20% CA + 25 000 €/an/joueur/jeu) | “Cash-out” sans garde-fous, ou mécanique qui pousse à miser comme au casino |
| Prévention | Limites de dépense/temps + auto-exclusion prévues | Absence de contrôle, friction “zéro” pensée pour l’impulsivité |
| Message prévention | Message obligatoire “joueurs-info-service” (affichage imposé) | Message masqué, modifié ou noyé (explicitement interdit) |
Mon interprétation “terrain” : le régulateur accepte l’idée “objets monétisables + hasard”, mais refuse le packaging “casino-like” qui transforme un jeu en distributeur d’adrénaline monétisée.

Pourquoi ça touche indirectement l’iGaming : frontières de plus en plus floues
Tu vois le lien venir : dès que tu as RNG, mise, récompense, valeur échangeable et cash-out, tu marches sur une zone qui ressemble fort à l’iGaming — même si le décor est celui d’un jeu vidéo. Et c’est précisément pour ça que le cadre 2026 insiste sur la différence : il crée une catégorie à part, tout en disant clairement “pas de mécaniques de casino”.
Ce que ça raconte du marché (et c’est là que ça devient intéressant), c’est qu’on a une demande énorme pour des expériences hybrides : du fun, de la progression, mais aussi une forme de valeur récupérable. Et quand la demande existe, certains essaient forcément de pousser le curseur un peu trop loin… d’où la nécessité d’une règle lisible.
Dernier point que je trouve révélateur : le décret ne se limite pas aux grands principes, il impose aussi des outils de prévention (limites de dépense, limites de temps, auto-exclusion) et une logique de suivi, ce qui est typiquement le genre de “brique” qu’on associe aux univers à risque.
