Quand j’entends “licence offshore”, je sais déjà ce qui va suivre : une promesse de légitimité… sans toujours la protection qui va avec. Et si Anjouan revient autant dans l’actualité, ce n’est pas parce que cette petite île est devenue, par magie, la capitale mondiale du jeu responsable. C’est parce qu’elle est désormais citée comme un hub iGaming très contesté, au point d’attirer l’attention de médias et d’autorités sur la réalité derrière le tampon “licensed”.
Le sujet a pris une dimension encore plus sensible ces dernières semaines avec des articles d’enquête évoquant une filiale de la Française des Jeux (FDJ United) et Relax Gaming, et leur lien avec une licence B2B obtenue à Anjouan fin 2025.
Anjouan : le hub iGaming controversé, et pourquoi ça attire autant
Anjouan (Comores) est souvent présentée par ses promoteurs comme une juridiction “rapide”, “simple”, “moins chère”. Sur le papier, c’est séduisant pour des acteurs qui veulent une licence sans les lourdeurs de places plus exigeantes. Mais c’est justement là que le bât blesse : plusieurs enquêtes et analyses pointent un cadre flou, des licences qui circulent largement, et un écosystème qui sert de point d’appui à des offres qui, dans des pays comme la France, restent illégales.
Et côté France, l’ANJ martèle un point très simple (et souvent méconnu) : les sites de casino en ligne sont illégaux en France, et elle mène des actions d’information et de lutte contre ces offres non autorisées.
Donc quand une “licence Anjouan” est brandie comme un passeport marketing pour viser des joueurs français… on est exactement dans la zone grise que le régulateur combat.
FDJ United et Relax Gaming : l’enjeu image, conformité et “effet domino”
Là où l’affaire devient explosive, c’est quand un grand groupe grand public se retrouve cité dans une histoire d’écosystème offshore. Selon une enquête, Relax Gaming (désormais dans le périmètre de FDJ United après l’acquisition de Kindred) aurait obtenu une licence B2B à Anjouan en novembre 2025 pour fournir ses services à des opérateurs licenciés localement.
Important : on parle ici de B2B (fourniture de jeux/logiciels), pas forcément d’une exploitation directe en B2C. Mais en termes d’image, c’est parfois encore plus piégeux. Pourquoi ? Parce que le public ne fait pas la différence entre :
- “on fournit une techno”
- et “on participe à l’offre finale”.
Dès que des contenus B2B se retrouvent chez des opérateurs accessibles illégalement depuis la France, ça devient un problème de cohérence avec les engagements “responsables” affichés par les grands groupes, et un sujet de conformité difficile à expliquer en deux lignes.
Et c’est là que le marché offshore est redoutable : il crée des chaînes d’intermédiaires où chacun peut dire “je ne fais que…”, jusqu’à ce que la réputation prenne la vague en pleine face.
Ce que ça raconte sur la demande française (et comment repérer une “licence vitrine”)
Si Anjouan prospère comme “hub”, c’est aussi parce qu’il y a une demande. Et en France, elle est alimentée par un paradoxe : une partie du public veut des expériences “casino” en ligne, mais le cadre légal français ne les autorise pas. L’ANJ elle-même explique qu’une part importante des joueurs ignore l’illégalité des casinos en ligne, ce qui laisse un boulevard aux acteurs offshore pour capter du trafic.
Et pour le joueur, le piège classique, c’est la “licence vitrine” : on te montre un logo de juridiction, on te parle de “régulation”, et on espère que tu t’arrêtes là. Moi, je regarde plutôt ce que cette licence garantit vraiment (spoiler : souvent moins que ce que tu crois).
| Ce que la licence “offshore” met en avant | Ce que ça ne garantit pas forcément |
|---|---|
| “On est licencié” | Que l’offre est légale dans ton pays |
| “On est régulé” | Un vrai recours simple en cas de litige |
| “On protège les joueurs” | Des standards comparables à des juridictions strictes |
| “On est contrôlé” | Un contrôle efficace et des sanctions dissuasives |
| “On est conforme” | Une publicité et une acquisition propres (sans usurpation, sans ciblage douteux) |
Dernier point que je trouve très parlant : l’ANJ a déjà alerté sur des usurpations de marques de casinos terrestres sur les réseaux sociaux pour renvoyer vers des sites illégaux. Ça montre à quel point l’écosystème “illégal/offshore” fonctionne aussi avec des méthodes agressives de diffusion et de crédibilisation.

Mon avis perso
Le retour d’Anjouan dans l’actu, ce n’est pas un “buzz” passager : c’est le symptôme d’un marché où la licence devient parfois un outil marketing, plus qu’un vrai filet de sécurité pour le joueur. Et quand des noms comme FDJ United et Relax Gaming se retrouvent cités dans ce contexte, l’enjeu dépasse largement le juridique : c’est une question de cohérence, de réputation, et de confiance.
Si tu veux, je peux te faire une version complémentaire ultra pratique : “checklist 60 secondes pour juger une licence offshore” (quoi vérifier, quoi ignorer, et les signaux qui doivent te faire fermer l’onglet).
